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Bourru le sanglier de Bourgnolle

«  On n’est pas un vrai Cévenol tant que l’on n’a pas tué un sanglier ! ».

C’est sur cette sage maxime que j’ai appris ce qu’était le sanglier dans les Cévennes. Dès la fin du mois d’août, on entend résonner dans le fond de la vallée, le bruit des fusils et carabines sortant de leurs étuis et des culasses qui se referment sur les premières balles.

Mieux, les chiens de meute se mettent à hurler à l’unisson la veille du premier samedi de l’ouverture. Pourtant, on ne les a pas prévenus, mais eux, ils connaissent les dates.

Enfin, découvrant une peinture de mon ami Ludo, artiste à l’Estréchure en Vallée borgne, présentant ce digne animal, il m’est venu un conte qui…

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Le vent hurlait réveillant la bête féroce couvant au sein du feu et son odeur de pin et de garrigues brûlées. Bourru galopait, comme jamais il ne l’avait fait, même les jours de battue fuyant sous les balles des chasseurs.

De grands oiseaux orange poussant un cri continu déversaient des liquides qui l’ayant touché plusieurs fois l’avaient envoyé bouler dans les bruyères.

Autour de lui le sanglier dont les ancêtres étaient venus des Ardennes, tous fuyaient sans se reconnaître, chevreuils lièvres, lapins. Les oiseaux eux portés par les courants chauds s’étaient déjà réfugiés extenués sur des collines lointaines.  Car le grand incendie de cet été sec, comme on ne l’avait jamais vu, s’étendait poussé par la complicité d’un violent mistral.

Heureusement, le soir arrivant le vent s’était éteint,  ne laissant que des cendres et des fumées acides.

À la sortie d’un bosquet de pins, Bourru stoppa net...

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(Peinture de Ludovic Legalle)

...sentant l’odeur de l’un de ses congénères.

Il y avait là, une jeune laie couchée sur le flanc, exténuée et haletante.

Il fut pris de pitié, car c’était un brave cochon, s’approcha et délicatement avec l’extrémité de son groin, tenta de la remettre sur ses pattes.

Il ne pouvait forcer, car possédant une belle paire de défenses tranchantes, il ne voulait pas blesser la malheureuse.

Usant de grognements affectueux, il dut lui redonner courage, car elle se remit debout sur ses pattes tremblantes.

C’est alors qu’il lui demanda en langage sanglier, qui elle était, d’où elle venait ainsi toute seulette.

-         Je ne sais pas qui je suis, toute jeune ma mère a été fusillée alors qu’avec mes frères et sœurs, nous l’avions suivi dans un potager où elle nous déracinait des pommes de terre.

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-         Ta mère n’était nullement prudente lui répondit Bourru, il ne faut pas toucher à leurs jardins, cela les rend furieux, ils demandent que soient posées des clôtures électrifiées. Mon jeune frère en est mort, transformé en daube, par le propriétaire.

Crois- moi pour vivre heureux, vivons sous des châtaigniers profonds.

La malheureuse s’étant remise sur ses pattes l’écoutait religieusement mais :

-         Les châtaigniers bien sûr, c’est ce qu’il y a de meilleur pour nous, mais tout comme toi je viens du massif des Maures dans le Var et là c’est la fusillade toute l’année, le préfet nous ayant déclaré nuisibles

Son nouveau compagnon fut vite troublé par ses yeux  étirés en amande, une délicate truffe rose et un arrière-train, laissant évoquer la possibilité de nombreuses portées de petits marcassins.

-         Je me nomme Bourru et toi si tu veux, tu seras ma Bourrette et nous aurons ensemble de nombreux petits Bourrinots.

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Et pour ce faire je vais te mener dans un paradis, loin vers l’ouest, là-bas dans les Cévennes, en Vallée borgne, à Bourgnolle…

La suite cet été à la bibliothèque des Plantiers.

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27/01/2017
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